Chaleur excessive et COVID-19

1er juin 2020, 8 h 55

Utilisation des ventilateurs sur pied – Avis de l’INSPQ

Le 6 mai 2020, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a émis un document faisant état des connaissances actuelles sur la viabilité et la transmission du virus SARS-CoV-2 (COVID-19) dans l’environnement intérieur, excluant celui des établissements de santé et autres milieux de soins 1. Aucune étude établissant des liens entre les ventilateurs sur pied et la dispersion du SARS-CoV-2 2 dans l’air intérieur n’a été recensée lors de ce survol de la littérature scientifique.

Toutefois, en se basant sur diverses études, l’INSPQ relate qu’une personne infectée (symptomatique ou non) peut générer un panache de particules infectieuses dans son environnement immédiat si celle-ci n’applique pas les mesures d’hygiène respiratoire appropriées. Les gouttelettes les plus lourdes sont appelées à se déposer rapidement dans un rayon approximatif de 1 à 2 mètres autour de leur source initiale et le maintien du caractère infectieux des microgouttelettes aérosolisées semble dépendre de nombreux facteurs environnementaux et demeure encore un objet de débat. Il en va de même pour la remise en suspension de particules qui, une fois déposées sur les surfaces, pourraient théoriquement constituer une source de contamination virale secondaire.

Dans ce contexte, l’INSPQ indique que l’utilisation d’un ventilateur sur pied à proximité d’une personne infectée pourrait théoriquement étendre le panache de dispersion des gouttelettes expectorées au-delà de 2 mètres et contribuer à la transmission de la COVID-19, si d’autres personnes se trouvent dans le couloir d’air ainsi généré.

Par conséquent, à la lumière des informations disponibles, il semble plausible que des ventilateurs sur pied, au même titre que d’autres appareils s’y apparentant, puissent contribuer à la dispersion de gouttelettes contenant du SARS-CoV-2 en présence de personnes infectées, que celles-ci soient symptomatiques ou non.

Le ventilateur sur pied devrait donc être utilisé avec précaution.

De plus, le 25 mai 2020, l’INSPQ a publié un avis intérimaire sur les mesures de prévention et contrôle des infections pour l’utilisation des climatiseurs mobiles et des ventilateurs sur pied en milieux de soins dans un contexte de COVID-19 3. Il y est rappelé qu’il n’existe pas dans la littérature de données probantes substantielles spécifiques à l’utilisation des climatiseurs mobiles et des ventilateurs sur pied pour des usagers suspectés ou confirmés être atteints de la COVID-19.

À la lumière de la littérature consultée par l’INSPQ, la décision d’utiliser ces appareils dans la chambre et sur une unité où des usagers suspectés ou confirmés être atteints de la COVID-19 sont hébergés doit être soumise localement à une évaluation du risque pour déterminer si les avantages dépassent les désavantages de l’utilisation de ces appareils. Les bénéfices du confort versus la sécurité des usagers et du personnel doivent être étroitement analysés et un environnement sécuritaire et confortable doit être assuré. Cette gestion de risque doit être réalisée en concordance avec les plans de chaleur extrême déjà en place dans les différentes installations.

La même logique devrait donc s’appliquer en milieu scolaire.

Chaleur accablante – Recommandations de la santé publique

Voici les recommandations de la santé publique, telles que rapportées par le sous-ministre Blackburn, le 27 mai 2020 dans une lettre adressée aux directions d’établissements, en prévision des périodes de chaleur accablante. On y retrouve notamment une mise en garde quant à l’utilisation des ventilateurs sur pied :

  • Planifier les activités extérieures avant 10h et après 16h;
  • Encourager les enfants à boire souvent, sans attendre d’avoir soif. Leur demander d’apporter une gourde d’eau lorsqu’ils vont à l’école et veiller à la remplir régulièrement;
  • Maintenir les fenêtres ouvertes jusqu’à 10h le matin pour assurer une bonne ventilation des espaces occupés. Ensuite, fermer les fenêtres, maintenir les portes des classes ouvertes pour assurer une circulation d’air. Fermer les rideaux ou les stores lorsque le soleil brille et ventiler les locaux, si possible, lorsque la nuit est fraîche. Dans la journée, il est recommandé d’assurer un apport de nouvel air au moins trois fois par jour, entre 15 et 20 minutes;
  • Utiliser le système de ventilation mécanique centralisé en mode « échange » et à débit élevé, si le bâtiment en est doté;
  • Utiliser des ventilateurs sur pied ou des appareils de climatisation (portables, de fenêtre, « split ») en évitant de diriger le flux d’air sortant vers les visages des enfants et de l’enseignant, et ce, selon la disponibilité des appareils;
  • Effectuer l’entretien des ventilateurs sur pied ou des climatiseurs de façon régulière ainsi qu’au moment de leur installation ou de leur retrait, et ce, en fonction des consignes du fabricant et des modalités locales.

Nous sommes tout à fait conscients que la mise application de ces recommandations peut représenter un défi pour plusieurs et que de nombreux obstacles peuvent être rencontrés, surtout en contexte de pandémie.

Ainsi, nous vous invitons donc dès maintenant à contacter vos directions afin de leur faire part des problématiques que vous entrevoyez. Par exemple : stores brisés ou rideaux absents, fenêtres qui ne s’ouvrent pas, ventilation déficiente, identifications des personnes responsables de l’entretien des appareils, planification des horaires pour les activités extérieures afin de respecter les règles de distanciation, approvisionnement suffisant en eau potable, contraintes liées au port de certains équipements de protection individuelle (ÉPI), etc.

Veuillez nous tenir informés de vos demandes afin que nous puissions assurer le suivi, si nécessaire.

Chaleur accablante – Mesures de prévention et recours

Au-delà des recommandations émises par la santé publique pour faire face aux périodes de chaleur accablante, nous vous rappelons que la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) prévoit certaines mesures de prévention en fonction de la température à laquelle un travailleur peut être exposé. Le non-respect de ces mesures peut requérir l’intervention du syndicat ou celle de la CNESST.

La CNESST a produit un outil permettant d’évaluer rapidement le niveau de risque auquel vous êtes exposé lorsque vous travaillez à la chaleur et indiquant les mesures préventives à suivre selon la situation (https://www.cnesst.gouv.qc.ca/Publications/100/Documents/DC100-1125web.pdf). C’est la température de l’air corrigée (TAC) qui doit être utilisée. Il faut ainsi considérer la température de l’air à l’ombre ainsi que l’humidité relative.

Également, si vous avez un motif raisonnable de croire qu’il existe un danger lié à la chaleur accablante pour votre santé, votre sécurité ou celle d’un élève ou collègue, vous devez en informer votre direction et le syndicat, sans tarder.

Pour toute question ou toute problématique en lien avec la chaleur accablante dans votre milieu de travail, vous pouvez vous adresser à Pierre-Luc Gagnon (pierrelucgagnon@sepi.qc.ca), secrétaire-trésorier et responsable SST ou à Sophie Fabris (sophiefabris@sepi.qc.ca), conseillère syndicale.

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1 https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/covid/2992-environnement-interieur-qr-covid19.pdf
2  Le virus SARS-CoV-2 est responsable de la pandémie et de la maladie COVID-19.
3 https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/covid/3011-climatiseurs-mobiles-ventilateurs-milieux-soin-covid19.pdf